Ghréline

Définition

La ghréline est une hormone peptidique de 28 acides aminés produite majoritairement par les cellules X/A du fundus gastrique, découverte en 1999 par l'équipe japonaise de Kojima comme ligand naturel d'un récepteur orphelin nommé GHS-R (Growth Hormone Secretagogue Receptor). Elle porte une modification post-traductionnelle unique : l'acylation de sa Sérine 3 par un acide octanoïque, étape catalysée par l'enzyme GOAT (Ghrelin O-Acyltransferase). Sans cette acylation, la ghréline perd son activité sur GHS-R et devient de la "ghréline non acylée", forme majoritaire dans le sang mais aux effets biologiques distincts.

Physiologiquement, la ghréline est l'hormone de la faim : ses concentrations plasmatiques augmentent avant les repas et chutent après ingestion alimentaire. Elle agit au niveau hypothalamique (noyau arqué) pour stimuler la prise alimentaire, et au niveau hypophysaire pour amplifier la sécrétion d'hormone de croissance par activation du GHS-R exprimé sur les cellules somatotropes. Cette double fonction (orexigène et somatotrope) en fait un régulateur majeur de l'homéostasie énergétique, complémentaire du GLP-1 et de la leptine qui exercent des actions anorexigènes.

Les analogues synthétiques de la ghréline, appelés secrétagogues de la GH (GHS), ont été développés pour exploiter la branche somatotrope de sa biologie sans requérir l'acylation complexe du peptide natif. Le GHRP-6 (Growth Hormone Releasing Peptide-6), hexapeptide de première génération, active GHS-R avec efficacité mais induit également une sécrétion significative de prolactine et cortisol. L'ipamoréline est un pentapeptide de seconde génération, conçu pour une sélectivité pure sur GHS-R sans effets collatéraux hypothalamiques. Le MK-677 (ibutamorélin) est une petite molécule non peptidique orale, active par voie orale, qui maintient l'activation GHS-R pendant 24 heures.

En recherche exploratoire, les analogues de la ghréline permettent d'étudier des questions biologiques multiples : intégration neuronale des signaux énergétiques dans l'hypothalamus, mécanismes de couplage GPCR-signalisation β-arrestine dans les cellules hypophysaires, effets périphériques (cœur, pancréas, os) des récepteurs GHS-R ectopiques, et régulation pharmacologique indirecte de l'axe somatotrope. Ces molécules servent aussi d'outils pour valider de nouveaux biomarqueurs de la sécrétion pulsatile de GH.

Sur lab-peptides-france.com, les secrétagogues GHS disponibles comprennent ipamoréline, GHRP-6, GHRP-2 et hexaréline, commercialisés pour recherche laboratoire uniquement (RUO). Leur utilisation sur l'humain en dehors des essais cliniques autorisés est strictement interdite. Les certificats d'analyse disponibles sont publiés sur les fiches concernées.